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J’ai crié dans la nuit… et une femme s’est arrêtée. Je ne savais pas encore que j’allais sauver une vie.


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Il était 23 h 43.

La pluie tombait de travers, poussée par un vent glacial qui semblait vouloir traverser mon minuscule corps.

J’avais à peine cinq semaines.

Je pesais seulement quelques centaines de grammes.

Et cette nuit-là, je n’avais plus la force de lutter.

J’étais trempé jusqu’à la peau, recroquevillé derrière un sac en papier froissé posé sur le trottoir.

Je ne savais pas où était ma mère.

Je ne savais pas où aller.

Je savais seulement que j’avais froid.

Très froid.

Mes petites pattes tremblaient sans arrêt.

Mes yeux bleus étaient troubles et la lumière des rues se mélangeait aux gouttes de pluie.

Pendant quelques instants, je suis resté silencieux.

Puis j’ai compris quelque chose.

Si je restais là sans rien faire, personne ne saurait que j’étais en train de mourir.

Alors j’ai ouvert la bouche aussi grand que possible.

Et j’ai crié.

Pas un petit miaulement.

Pas un appel ordinaire.

Un cri désespéré lancé dans la nuit.

Comme si tout mon petit corps disait :

« S’il vous plaît… ne partez pas. Vous êtes ma dernière chance. »

Je ne savais pas si quelqu’un allait m’entendre.

Mais quelques secondes plus tard…

une femme s’est arrêtée.

Je l’ai vue à travers la pluie.

Elle s’appelait Clare.

Elle aurait pu continuer son chemin.

Après tout, la rue était sombre, la pluie glaciale et personne ne pouvait facilement distinguer un minuscule chat caché derrière un sac mouillé.

Mais elle m’avait entendu.

Elle s’est arrêtée.

Elle a regardé autour d’elle.

Puis elle m’a aperçu.

Je ne savais pas si je pouvais lui faire confiance.

Mais mon corps n’avait plus vraiment le choix.

J’ai essayé de me lever.

Mes pattes tremblaient tellement que j’avais du mal à avancer.

Pourtant, je me suis dirigé vers sa chaussure.

Puis je me suis appuyé contre elle.

Je me souviens encore de la chaleur de sa présence au milieu de cette nuit glaciale.

Elle s’est penchée vers moi.

Ses mains se sont approchées.

Et quelques secondes plus tard, j’étais contre elle.

Elle m’a glissé sous sa veste pour me protéger de la pluie.

Alors, sans réfléchir, j’ai levé mes deux petites pattes avant.

Je me suis accroché à ses doigts.

Fort.

Très fort.

J’avais peur.

Peur que si je la lâchais, elle me repose sur le trottoir.

Peur de retrouver immédiatement le froid.

Peur de me retrouver seul.

Alors je me suis accroché.

Et Clare ne m’a pas laissé tomber.


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