Clare m’a emmené chez elle.
Elle vivait dans un petit appartement situé au-dessus d’une boulangerie.
Lorsque la porte s’est refermée derrière nous, j’ai découvert quelque chose que je ne connaissais presque pas :
la chaleur.
Elle m’a enveloppé dans une serviette.
Puis elle a préparé une petite couche dans une boîte à chaussures.
Elle y a placé un vieux pull pour que je puisse m’y blottir.
Elle voulait simplement me donner un endroit confortable pour passer la nuit.
Mais elle ne savait pas encore à quel point j’avais besoin d’elle.
À un moment, elle a pensé à me donner du lait de vache.
Puis elle s’est renseignée et a compris que ce n’était pas adapté à un tout petit chaton.
Elle a donc cherché une solution plus appropriée pour moi.
Moi, pendant ce temps, je ne pensais qu’à une chose :
ne pas être seul.
Chaque fois que Clare se levait du canapé, je me mettais à pleurer.
Elle revenait ?
Je me taisais.
Elle se relevait ?
Je recommençais.
Elle a fini par comprendre.
Cette nuit-là, elle s’est allongée sur le canapé.
Je me suis approché.
Puis je me suis glissé dans le creux chaud de son cou.
Je me suis blotti contre elle.
Et mes petites pattes se sont refermées autour de son pouce.
C’est ainsi que j’ai passé ma première nuit en sécurité.
Le lendemain matin, Clare m’a emmené chez le vétérinaire.
J’étais minuscule.
Beaucoup trop maigre.
Déshydraté.
Et je me battais contre une infection aux yeux ainsi qu’un gros rhume.
Le vétérinaire a estimé que j’avais à peine cinq semaines.
Puis il a dit quelque chose qui a probablement bouleversé Clare.
Une nuit supplémentaire passée dehors, sous cette pluie glaciale, aurait pu m’être fatale.
Je n’avais donc pas simplement été trouvé au bon moment.
Clare était arrivée alors que j’avais encore une chance.
Elle a décidé de se battre pour moi.
Et moi, j’ai décidé de me battre aussi.
Les jours suivants ont été remplis de soins.
Des repas adaptés.
Du repos.
De la chaleur.
Des traitements.
Et surtout, beaucoup de présence.
Peu à peu, mon petit corps a repris des forces.
Mes yeux, autrefois troubles, ont commencé à changer.
Le bleu de mes yeux de chaton a laissé apparaître une couleur dorée chaleureuse.
Clare m’a donné un nom.
Sunny.
Elle disait que j’avais apporté de la lumière pendant la nuit la plus sombre et la plus humide de son année.
Je ne savais pas encore ce que ce nom allait finir par signifier.
Mais je savais une chose :
j’avais survécu.
