Avec les autres personnes, je dois bien l’avouer…
je ne suis pas toujours très sociable.
Je peux être distant.
Je préfère observer avant de décider si quelqu’un mérite ma confiance.
Après tout, j’ai appris très tôt qu’il fallait être prudent.
Mais avec mon humaine…
c’est complètement différent.
Elle connaît une version de moi que les autres voient rarement.
Le soir est notre moment préféré.
Lorsque la maison devient calme, je sais exactement où aller.
Je grimpe près d’elle.
Je m’installe contre elle.
Et je profite de ces moments de tranquillité.
Parfois, je mâchouille doucement ses doigts pendant qu’elle essaie de travailler.
Elle tente de continuer ce qu’elle faisait.
Moi, je considère simplement qu’elle devrait probablement s’occuper de moi.
C’est important, le travail d’un chat.
Il faut savoir rappeler à son humaine ses priorités.
Et mes priorités sont très simples :
être près d’elle.
Me sentir en sécurité.
Et profiter de ses mains lorsqu’elles viennent me caresser.
Je ne suis peut-être pas le chat le plus démonstratif du monde avec les inconnus.
Mais avec elle, je n’ai plus besoin de me cacher.
Je peux enfin me détendre.
Il y a pourtant une règle dans notre maison.
En semaine, je n’ai pas le droit d’entrer dans sa chambre.
Je connais cette règle.
Enfin…
je fais semblant de la connaître.
Le week-end, tout change.
Mon humaine m’invite dans la chambre.
Et là, je sais que j’ai gagné.
Je grimpe sur le lit.
Je m’installe.
Je me rapproche d’elle.
Et si cela ne tenait qu’à moi, nous resterions là toute la journée.
Pas besoin de courir.
Pas besoin de découvrir le monde.
Juste nous deux.
Un lit chaud.
Des caresses.
Le silence.
Et cette sensation merveilleuse de savoir exactement où je suis censé être.
C’est peut-être difficile à expliquer à quelqu’un qui ne connaît pas mon histoire.
Mais pour moi, ces petits moments représentent énormément.
Avant elle, je ne savais pas où je dormirais.
Je ne savais pas qui me nourrirait.
Je ne savais pas si quelqu’un viendrait me chercher.
Aujourd’hui, je connais ma maison.
Je connais son odeur.
Je connais le bruit de ses pas.
Je connais sa voix.
Et je connais même les moments où elle va probablement partir.
C’est justement à ce moment-là que je fais quelque chose que mon humaine connaît très bien.
Je vais attendre près de la porte.
