Cette vidéo n’est pas la première du genre. Vendredi déjà, à Belfort, une mère venait chercher son fils au milieu d’un blocus. À Arpajon, dans l’Essonne, un lycéen masqué était poursuivi par une femme présentée comme sa mère. Les parents sont devenus l’un des visages inattendus du mouvement.
Le gouvernement les a lui-même placés en première ligne. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts commis par leurs enfants. Côté assurance, la garantie responsabilité civile de l’assurance habitation couvre en principe les dommages causés par un enfant mineur, mais les dégradations volontaires peuvent être exclues selon les contrats.
La scène de ce mardi pose aussi une autre question. Depuis la loi du 10 juillet 2019, le Code civil précise que l’autorité parentale s’exerce « sans violences physiques ou psychologiques ». Ramener un adolescent à la maison est une chose, le faire devant toute une cour de lycée en est une autre : c’est toute la question que soulève cette vidéo.
5/5 Et maintenant ?
Après cette journée record, tous les regards se tournent vers le gouvernement. À sept mois de l’élection présidentielle, l’exécutif doit trouver une sortie de crise, alors que les blocus ont déjà touché des centaines d’établissements en une semaine.
Pour les familles, la fin de semaine reste incertaine. Le plus sûr est de suivre les messages de l’établissement et de l’académie, qui annoncent au jour le jour les suspensions de cours et les fermetures. Le ministre de l’Éducation l’a répété aux parents : « Dans la rue, les enfants sont en danger. »
Une chose est certaine : depuis vendredi, les vidéos de parents venus chercher leurs enfants circulent autant que les images de cortèges. Dans ce mouvement lycéen d’une ampleur rare, les familles sont devenues, presque malgré elles, des actrices à part entière
