Belfort n’est pas un cas isolé. Le même jour, à Arpajon, dans l’Essonne, une autre vidéo montrait un lycéen masqué poursuivi par une femme que ses camarades présentaient comme sa mère. Et devant un lycée parisien, selon le compte qui l’a diffusée, un père est venu chercher son fils pour le ramener chez lui. Les parents sont devenus, en quelques heures, les nouveaux visages du mouvement.
Le hasard du calendrier est frappant. Ce même vendredi, sur RTL, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts commis par leurs enfants pendant les blocus. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, lançait de son côté un appel aux familles : « Dans la rue, les enfants sont en danger. »
Pour les familles, cette annonce pose une question très concrète. Le Code civil rend les parents responsables des dommages causés par leurs enfants mineurs qui vivent avec eux. La garantie responsabilité civile de l’assurance habitation couvre en principe ce type de dommages, mais les dégradations volontaires peuvent être exclues selon les contrats. Mieux vaut vérifier ses conditions générales, ou interroger son assureur, avant d’en avoir besoin. L’assurance scolaire, elle, ne couvre pas forcément ces situations.
5/5 Ce que cette scène dit des familles
Derrière les sourires, la vidéo de Belfort parle d’une inquiétude bien réelle. Depuis plusieurs jours, des milliers de parents voient leurs enfants partir le matin sans savoir s’ils iront en cours, devant un blocus ou dans une manifestation. Certains choisissent de laisser faire, d’autres, comme cette mère, de trancher.
Le débat est loin d’être clos. Pour une partie des internautes, ces parents montrent l’exemple. Pour les organisations lycéennes, le fond du mouvement demeure : des classes surchargées, des professeurs absents, des moyens qui manquent. Les deux peuvent d’ailleurs coexister dans une même famille, autour d’une même table.
Rendez-vous est désormais pris pour le mardi 6 octobre, jour de la grande manifestation annoncée par les organisations de jeunesse. D’ici là, une certitude : à Belfort, un lycéen a vécu le blocus le plus court de sa vie, et sa mère, sans le vouloir, est devenue l’une des images de ce mouvement.
