Le lendemain soir, mes pattes m’ont ramené exactement au même endroit.
Je ne sais pas vraiment pourquoi.
Peut-être parce que je me souvenais de cette lumière.
Peut-être parce que je savais que personne ne m’avait fait de mal.
Ou peut-être simplement parce que, pour la première fois depuis longtemps, j’avais trouvé quelque chose qui ressemblait un peu à une routine.
Je suis entré sur le terrain.
Quelques personnes m’ont reconnu.
J’ai vu des visages se tourner vers moi.
Cette fois, je n’étais plus complètement inconnu.
J’ai retrouvé ma place.
Le même coin.
Le même écran.
La même sensation de tranquillité.
Je me suis couché.
Et j’ai regardé le film.
Le soir suivant, je suis revenu encore.
Puis encore.
Peu à peu, les humains ont compris que j’avais mes habitudes.
Je n’étais plus seulement un chien errant qui passait par hasard.
J’étais devenu…
un habitué.
Et sans le savoir, j’allais bientôt avoir ma propre petite place dans ce cinéma.
Quelqu’un m’a apporté une couverture
Un soir, alors que je m’étais installé directement sur le sol, j’ai senti quelque chose de doux sous mon corps.
Une couverture.
Je l’ai regardée.
Puis j’ai regardé l’humain qui venait de la déposer.
Je ne savais pas pourquoi il faisait ça.
Mais je n’ai pas bougé.
J’ai posé une patte dessus.
Puis l’autre.
Elle était chaude.
Douce.
Confortable.
Alors je me suis couché.
Pour la première fois depuis longtemps, je n’étais pas obligé de dormir directement sur le béton.
Le lendemain, quelqu’un a apporté une gamelle.
Puis de l’eau fraîche.
Une autre personne est arrivée avec quelques friandises adaptées aux chiens.
Je commençais à comprendre.
Ces humains ne voulaient pas seulement regarder leur film.
Ils avaient commencé à prendre soin de moi.
Je n’avais pas demandé tout cela.
Je n’avais même pas appris à le demander.
Mais ils avaient remarqué que j’étais là.
Et ils avaient décidé de m’aider.
Petit à petit, ma place dans le cinéma est devenue plus confortable.
J’avais une couverture.
De l’eau.
Une gamelle.
Et surtout…
des visages que je reconnaissais.
