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đŸŸ Je pensais que le monde n’était que du froid et des ombres
 jusqu’à ce qu’une main me tende une seconde chance


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Avant de comprendre ce qu’était une caresse, je pensais que le monde n’était fait que de bruit, d’air froid et d’ombres terrifiantes.

Je m’appelais Biscuit.

Enfin
 au dĂ©but, je n’avais mĂȘme pas de nom.

J’étais simplement un minuscule chaton roux, presque deux fois moins lourd que certains de mes frĂšres et sƓurs, cachĂ© derriĂšre de vieux pots en terre cuite dans un abri de jardin.

Je me souviens encore de l’odeur.

La poussiĂšre.

La terre humide.

Le bois vieilli.

Et cette odeur particuliùre de froid qui semblait s’infiltrer jusque dans mes os.

Nous Ă©tions cinq Ă  ĂȘtre nĂ©s lĂ .

Cinq petites boules de fourrure qui se serraient les unes contre les autres lorsque la nuit tombait.

Mes frĂšres et sƓurs Ă©taient plus courageux que moi.

Ils sortaient parfois de notre cachette.

Ils regardaient le jardin.

Ils approchaient des humains.

Moi, je restais toujours derriĂšre les pots.

Je les entendais parler.

Je les entendais rire.

Je voyais leurs chaussures passer devant l’entrĂ©e de l’abri.

Mais chaque fois qu’une silhouette s’approchait, mon cƓur se mettait à battre si fort que j’avais l’impression qu’il allait faire trembler toute ma poitrine.

Alors je me faisais tout petit.

Je plaquais mon ventre contre la terre.

Et je fermais les yeux.

Je pensais qu’en devenant invisible, je serais peut-ĂȘtre en sĂ©curitĂ©.

Puis un jour, mes frùres et sƓurs sont partis.

Un par un.

Des humains venaient les chercher.

Ils les prenaient dans leurs bras.

Ils leur parlaient doucement.

Puis ils disparaissaient derriĂšre la porte.

Moi, je restais lĂ .

Toujours derriĂšre mes pots.

Jusqu’à ce qu’un matin, il n’y ait plus personne.

Plus aucun petit corps contre lequel me blottir.

Plus aucun bruit de pattes.

Plus aucun frĂšre ou sƓur pour me rappeler que je n’étais pas seul.

Il ne restait que moi.

Et cette peur immense.

Je ne savais pas pourquoi personne ne voulait de moi.

Peut-ĂȘtre parce que je ne venais pas vers les humains.

Peut-ĂȘtre parce que je tremblais lorsqu’ils approchaient.

Peut-ĂȘtre parce que je n’étais pas le genre de chaton qui sautait immĂ©diatement dans les bras.

Je ne savais pas.

Je savais seulement que j’avais peur.

Puis, un aprùs-midi, j’ai entendu des pas s’approcher.

Ils se sont arrĂȘtĂ©s juste devant mon refuge.

Une ombre a recouvert l’entrĂ©e.

Je me suis recroquevillé.

Une main est apparue derriĂšre les pots.

Elle avançait lentement.

TrĂšs lentement.

Je n’ai pas griffĂ©.

Je n’ai pas soufflĂ©.

Je n’ai mĂȘme pas essayĂ© de fuir.

J’ai simplement fermĂ© les yeux aussi fort que possible.

Je pensais que cette main allait me faire du mal.

Ou peut-ĂȘtre qu’elle allait repartir.

J’attendais.

Mais rien de terrible ne s’est produit.

Des doigts ont effleuré ma fourrure.

Puis deux mains m’ont dĂ©licatement soulevĂ©.

Mon corps Ă©tait tellement lĂ©ger que j’avais presque l’impression de ne rien peser.

On m’a enveloppĂ© dans une vieille Ă©charpe.

Je tremblais tellement que mes petites pattes semblaient ne plus m’appartenir.

Puis j’ai Ă©tĂ© placĂ© dans une boĂźte Ă  chaussures.

Une vraie boĂźte.

Petite, sombre, avec une odeur de tissu et de poussiĂšre.

Pourtant, pour la premiĂšre fois de ma vie, je quittais cet abri.

Je ne savais pas oĂč j’allais.

Je ne savais pas qui était cette personne.

Je ne savais mĂȘme pas si je devais avoir encore plus peur.

La boĂźte bougeait doucement.

J’entendais des bruits inconnus.

Puis une porte s’est ouverte.

L’air avait changĂ©.

L’odeur aussi.

Quelques secondes plus tard, le couvercle de la boĂźte s’est soulevĂ©.

La lumiĂšre m’a aveuglĂ©.

J’ai aperçu un canapĂ©.

Une table.

Des murs.

Et cet humain qui me regardait avec une expression que je ne connaissais pas.

Je n’ai pas rĂ©flĂ©chi.

J’ai bondi.

Je me suis précipité sous le canapé.

Et je n’en suis plus ressorti.


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