Et cette exigence physique n’était pas propre à Seul au monde.
Quelques années auparavant, Hanks avait déjà accepté une transformation importante pour Philadelphia.
Pour interpréter Andrew Beckett, un avocat atteint du sida, il avait perdu une quantité importante de poids afin de rendre visible l’évolution physique de son personnage.
Mais avec Seul au monde, la transformation était encore différente.
Il ne s’agissait plus seulement de modifier son apparence.
Il fallait donner l’impression que le corps lui-même avait vécu des années d'isolement.
Le visage devait changer.
La silhouette devait changer.
La démarche devait changer.
La façon de bouger devait changer.
Même le silence devait devenir crédible.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le film donne une impression aussi particulière.
Pendant une grande partie de l’histoire, Hanks n’a presque personne avec qui dialoguer.
Il doit donc faire passer les émotions autrement.
Par un regard.
Un geste.
Une respiration.
Un cri.
Un moment de silence.
Le public doit comprendre ce que ressent Chuck sans qu’un autre personnage puisse lui expliquer ce qu’il traverse.
Et c’est précisément ce qui rend certaines scènes si puissantes.
