Une femme qui n’a jamais séparé l’art de ses convictions

Vanessa Redgrave n’a jamais été uniquement une actrice.
Depuis de nombreuses années, elle s’engage publiquement sur des questions liées aux droits humains et au sort des personnes vulnérables.
Cet engagement lui a parfois valu des critiques et des controverses.
Mais elle n’a jamais vraiment accepté l’idée qu’un artiste devrait rester silencieux sur les sujets qui lui tiennent à cœur.
Une prise de parole qui dépasse les plateaux
Pour elle, la célébrité peut également servir à attirer l’attention sur des personnes que l’on entend beaucoup moins.
Cette conviction va prendre une forme particulièrement personnelle avec un projet consacré aux réfugiés.
En 2017, Vanessa Redgrave présente Sea Sorrow, son premier film en tant que réalisatrice.
Le documentaire s’intéresse à la crise des réfugiés et aux questions de droits humains, en mêlant témoignages, archives, théâtre et récits personnels. (Festival de Cannes)
Mais ce film n’est pas uniquement un projet politique.
Il contient une partie de sa propre histoire.
Une enfant marquée par la guerre
Vanessa Redgrave revient notamment sur son expérience d’enfant évacuée de Londres au début de la Seconde Guerre mondiale.
Elle raconte également l’histoire de ses parents, eux-mêmes engagés dans des actions visant à aider des personnes fuyant les persécutions nazies.
Ainsi, dans Sea Sorrow, le passé familial et les événements contemporains se répondent.
Une enfant qui a connu la guerre.
Des familles contraintes de fuir.
Des enfants réfugiés.
Des frontières.
Des bateaux.
La peur de ne pas savoir ce qui se trouve de l’autre côté.
Le film fait volontairement dialoguer ces différentes époques.
Le titre vient de Shakespeare
Même le titre du documentaire possède une dimension théâtrale.
Sea Sorrow fait référence à La Tempête de Shakespeare.
Vanessa Redgrave utilise ainsi une œuvre vieille de plusieurs siècles pour évoquer une tragédie bien contemporaine : celle de personnes qui risquent leur vie en mer pour tenter de trouver sécurité et protection.
Ce choix résume finalement assez bien son parcours.
Chez Vanessa Redgrave, Shakespeare, le cinéma, la politique et l’histoire personnelle ne sont jamais complètement séparés.
Tout se rejoint.
Tout raconte quelque chose.
Et cette cohérence explique peut-être pourquoi son parcours continue de fasciner.







