Même pendant les vacances, je continuais à venir.
Le campus était alors très différent.
Les couloirs étaient presque vides.
Les salles de cours silencieuses.
La bibliothèque moins animée.
Je pouvais entendre mes propres pas résonner.
Mais je revenais quand même.
Parce que même lorsqu'il y avait moins de monde, quelques personnes restaient.
Et cela me suffisait.
Je connaissais certains endroits par cœur.
Je savais quelles portes étaient souvent ouvertes.
Je savais où trouver un peu de soleil.
Je connaissais les coins tranquilles où personne ne me dérangerait.
Et surtout, je connaissais les visages familiers.
Au fil des années, les étudiants changeaient.
Certains partaient après leurs études.
De nouveaux arrivaient.
Mais moi, je continuais d'être là.
Un matin, quelqu'un qui m'avait déjà vu auparavant pouvait me reconnaître.
« Professor Meow ! »
Et je levais parfois la tête.
Je ne savais pas combien de personnes avaient raconté mon histoire.
Je ne savais pas que certains étudiants considéraient presque ma présence comme une tradition.
Pour moi, c'était simplement devenu ma routine.
Le matin, je partais.
Je traversais le campus.
Je trouvais un endroit où m'installer.
Puis, le soir venu, je rentrais chez moi.
Chaque jour.
Pendant des années.
