web stats

Je le nourrissais chaque jour, mais lui ne regardait que la route… Jusqu’au jour où une voiture est arrivée

Dddd

La voiture ralentit.

Benny courut encore plus vite.

Il semblait reconnaître quelque chose.

Peut-être une odeur.

Peut-être une forme.

Peut-être simplement le bruit du moteur.

Il s’arrêta devant la voiture.

Sa queue battait dans tous les sens.

Il attendait.

La voiture continua pourtant sa route.

Elle passa devant lui.

Puis elle disparut au bout de la rue.

Benny resta immobile.

Sa queue s’arrêta.

Il regarda longtemps la route.

Puis il retourna lentement à sa place.

Je ne l’avais jamais vu aussi triste.

Je suis sortie.

Je me suis approchée de lui.

— Benny…

Il ne me regarda même pas.

Il resta assis.

J’ai alors compris quelque chose.

Il n’attendait pas simplement une voiture.

Il attendait celle qui, dans son esprit, devait un jour ramener les personnes qu’il aimait.

Et ce matin-là, quelque chose s’est brisé en lui.

Les jours suivants, son comportement changea.

Il mangeait moins.

Il ne jouait jamais.

Il restait couché pendant des heures.

Puis un matin, je l’ai trouvé près de la route, immobile sous une pluie légère.

Je me suis approchée.

— Viens avec moi.

Il me regarda.

Pour la première fois, il ne retourna pas immédiatement vers la route.

Il resta devant moi.

Je suis rentrée dans ma cour.

J’ai laissé le portail ouvert.

Puis je me suis retournée.

Benny était toujours là.

Je n’ai pas insisté.

Je suis entrée dans la maison.

Quelques secondes plus tard, j’ai entendu un léger bruit derrière moi.

Des griffes sur le sol.

Je me suis retournée.

Benny était dans ma cour.

Il me regardait.

Puis il avança encore.

Il franchit le seuil de la porte.

Il entra dans mon salon.

Il s’assit sur le sol.

Et il soupira.

Ce soupir-là…

Je ne l’oublierai jamais.

Ce n’était pas un soupir de fatigue ordinaire.

C’était comme si, après des semaines d’attente, il venait enfin d’abandonner l’idée que quelqu’un allait revenir.

Je me suis assise près de lui.

Je n’ai rien dit.

Lui non plus.

Nous sommes restés là, côte à côte.

Deux êtres qui avaient perdu quelqu’un.

Deux êtres qui avaient passé trop longtemps à attendre.


ADVERTISEMENT


ADVERTISEMENT