Les jours suivants furent consacrés à sa récupération.
Au début, il restait presque toujours couché.
Le fermier approchait doucement.
Il lui parlait à voix basse.
— Tu nous as fait une sacrée peur.
Le coq levait parfois la tête.
Puis il refermait les yeux.
Les premières journées furent difficiles.
Mais progressivement, son état s'améliora.
Il recommença à manger.
Puis il se mit à se tenir debout quelques instants.
Le fermier était présent chaque fois qu'il essayait.
Un matin, le coq fit quelques pas.
Maladroits.
Lents.
Mais bien réels.
Le fermier sourit.
— Voilà… doucement.
La ferme avait repris son rythme habituel.
Les moutons sortaient à nouveau.
Les journées s'étiraient sous le soleil.
Et le coq, lui, continuait sa convalescence.
Mais quelque chose avait changé.
Le fermier ne regardait plus cet animal de la même façon.
Avant cette nuit-là, il le considérait comme un coq parmi les autres.
Un animal de la ferme.
Après avoir vu les images, il avait découvert une détermination qu'il n'aurait jamais soupçonnée.
Un soir, il s'est installé devant les images de surveillance une dernière fois.
La scène du puma est apparue à l'écran.
Il a regardé son coq courir.
Il l'a vu tomber.
Puis se relever.
Il a regardé les moutons rester derrière leur clôture.
Et finalement, il a vu le prédateur disparaître.
Le fermier est resté silencieux.
Puis il a murmuré :
— Tu aurais pu partir.
Il a regardé le coq, installé dans sa caisse à quelques mètres de lui.
— Mais tu es resté.
