Le vétérinaire a examiné le coq avec précaution.
Il avait plusieurs plaies superficielles et une blessure importante à la patte.
Il fallait du repos.
Des soins.
Et surtout, une surveillance attentive.
Le fermier ne quittait presque pas son animal.
Il lui apportait de l'eau.
Il vérifiait régulièrement son état.
Il lui préparait un endroit calme où il pouvait récupérer.
Pendant ce temps, il repensait sans cesse aux images de la caméra.
Il revoyait le moment où le coq s'était précipité vers le puma.
Il revoyait le premier coup de patte.
La chute.
Puis le petit animal qui se relevait.
Et qui retournait au même endroit.
Le fermier a regardé plusieurs fois la vidéo.
À chaque visionnage, il remarquait un nouveau détail.
Le coq ne semblait pas chercher à poursuivre le puma.
Il revenait toujours vers la clôture.
Il se plaçait entre le prédateur et les moutons.
Puis il attendait.
Lorsque le puma approchait, il attaquait.
Lorsque celui-ci reculait, le coq restait près de l'enclos.
Il semblait surtout empêcher le prédateur de trouver une ouverture.
Le fermier a secoué la tête.
— Il aurait pu courir…
Mais le coq ne l'avait pas fait.
Bien sûr, personne ne pouvait savoir exactement ce qui motivait son comportement.
Était-ce une réaction instinctive ?
Une défense du territoire ?
Une réponse à la présence du prédateur ?
Ou autre chose ?
Le fermier n'en connaissait pas la réponse.
Mais il connaissait le résultat.
Les moutons étaient restés à l'abri.
Et son coq avait été gravement blessé.
