Quelques semaines plus tard, le coq avait récupéré une grande partie de ses forces.
Sa patte restait fragile.
Il ne se déplaçait plus exactement comme avant.
Mais il était vivant.
Et il avait retrouvé son appétit.
Un matin, lorsque le fermier ouvrit la porte de son abri, le coq sortit lentement.
Il regarda autour de lui.
Les moutons étaient dans leur enclos.
Le soleil venait de se lever.
Tout semblait normal.
Le coq fit quelques pas.
Puis il s'arrêta.
Un mouton s'approcha de la clôture.
Le coq le regarda.
Puis il continua son chemin.
Le fermier observait la scène depuis quelques mètres.
Il ne pouvait s'empêcher de penser à cette nuit.
À cet animal minuscule qui s'était retrouvé face à un prédateur beaucoup plus puissant.
Il ne savait pas si le coq avait conscience du danger comme un humain aurait pu le comprendre.
Il ne savait pas non plus s'il avait réellement voulu « protéger » les moutons.
Mais une chose était certaine :
il n'avait pas fui.
Et dans une ferme où il avait élevé de nombreux coqs au fil des années, le fermier savait qu'il n'oublierait jamais celui-là.
Son courage était devenu une histoire que l'on racontait autour de la table.
Une histoire que personne n'aurait imaginée en voyant simplement ce petit animal picorer tranquillement dans la cour.
