Elle tape lentement, mot après mot : * »Ma chérie, ce sont nos gènes. Dans vingt ans, tu te verras de la même façon. Et j’espère sincèrement que tu seras alors assez sage pour ne pas avoir honte de ton corps. »*
Elle supprime le commentaire de sa fille. Puis elle coupe le contact, le temps de digérer. Quand, quelques semaines plus tard, sa fille lui demande de l’aide financière, elle répond avec un calme piquant : * »Désolée, j’ai tout dépensé en nourriture. »*

La vraie leçon, c’est pour elle aussi
Depuis, quelque chose a changé en elle. Elle se surprend à se regarder dans le miroir avec plus de sévérité. À couvrir son ventre d’une serviette sur la plage. Et ça l’agace profondément, parce qu’elle sait d’où ça vient.
Ce n’est pas son corps le problème. C’est cette tendance qu’ont trop souvent les femmes à laisser les autres décider de comment elles doivent se montrer, se sentir, s’accepter.
Elle a donné une leçon à sa fille. Mais elle réalise qu’il lui en reste une à s’offrir à elle-même : retrouver cette fierté tranquille qu’elle avait avant ce fameux commentaire.
Parce que les corps qui ont vécu méritent d’être célébrés, jamais cachés.
