Elle prend une décision : pas de cris, pas de scène dans le couloir. Si elle s’emportait, il pourrait raconter à tout l’immeuble qu’elle a disjoncté pour quelques sachets. Hors de question de lui offrir ce beau rôle.
Elle lui accorde une dernière chance. Si rien ne tombe le lendemain matin, elle tourne la page. À 7h04 pile, le bruit familier résonne. *Plop.* Le sachet est là, posé entre ses pots de fleurs.
Elle sourit — étrangement — et rentre se faire un café.
Cet après-midi-là, elle prépare quelque chose. Tranquillement. Méthodiquement. Le lendemain, à 6h55, elle est déjà installée dehors, café en main, téléphone à portée. À 7h03, la porte du balcon au-dessus s’ouvre. Une main apparaît au-dessus de la rambarde. Le sachet tombe.
Sauf que cette fois, elle est prête. Après trois demandes polies, plusieurs affaires abîmées et un voisin bien trop satisfait de lui-même, il est sur le point de comprendre pourquoi elle a passé tout son après-midi à se préparer.
Parfois, la meilleure réponse n’est ni la colère ni la résignation — c’est la patience, bien armée.
