Après chaque manifestation qui dégénère, la même question revient chez les riverains et les commerçants : qui rembourse une voiture ou une vitrine abîmée ? La réponse surprend souvent. Selon l’article L121-8 du Code des assurances, l’assureur ne couvre pas, sauf mention contraire dans le contrat, les dommages causés par des émeutes ou des mouvements populaires.
Tout dépend donc de votre contrat. Les contrats professionnels intègrent très souvent une garantie spécifique, ce qui protège une bonne partie des commerçants. Pour les particuliers, c’est plus variable : relisez les conditions de votre assurance habitation et de votre assurance auto, et cherchez la mention « émeutes et mouvements populaires ». Une garantie obligatoire contre les émeutes a bien été créée par la loi de finances pour 2026, mais elle n’est pas encore entrée en vigueur.
Si l’assurance ne paie pas, une autre porte existe. Le Code de la sécurité intérieure prévoit que l’État est civilement responsable des dégâts causés par des attroupements ou rassemblements, armés ou non. La victime peut donc demander réparation à l’État : conservez photos, factures et récépissé de plainte. Un avocat, ou la garantie protection juridique de votre assurance, peut vous accompagner dans cette démarche.
5/5 Le soir même, le gouvernement annonce 3 000 professeurs
Quelques heures après les affrontements, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a présenté au journal de TF1 un « plan d’urgence ». « On a 3 000 professeurs remplaçants qui actuellement ne sont pas devant l’élève », a-t-il expliqué, annonçant leur arrivée « dans les heures qui viennent » dans plus de 500 lycées où la situation est la plus critique, classés « orange » et « rouge ».
Le gouvernement promet aussi de déposer des amendements au projet de budget pour prendre en compte certaines demandes des lycéens. Le ministre avait reçu plus tôt dans la journée des représentants lycéens au ministère. C’est la première série de mesures concrètes depuis le début du mouvement.
Reste à savoir si ces annonces suffiront à apaiser la colère. Le nombre de manifestants, en baisse jeudi, sera l’un des indicateurs à suivre dans les prochains jours. Pour les familles, une chose ne change pas : suivre au jour le jour les messages de l’établissement, et garder un œil sur les rassemblements annoncés près de chez soi.
