Gabrielle ne ressemble pas aux créatrices traditionnelles de son époque.
Elle ne cherche pas à reproduire les silhouettes compliquées que l’on voit partout.
Elle observe les femmes.
Elle regarde comment elles se déplacent.
Comment elles s’assoient.
Comment elles travaillent.
Comment elles respirent sous leurs vêtements.
Et elle se pose une question simple :
Pourquoi la mode devrait-elle empêcher les femmes de bouger librement ?
Cette question va devenir l’un des fils conducteurs de son travail.
À Deauville, où elle ouvre une boutique en 1912, elle commence à développer une approche qui va progressivement bouleverser les habitudes. À partir de 1913, elle utilise notamment le jersey pour créer des vêtements sportifs et confortables, alors que cette matière était jusque-là surtout associée aux sous-vêtements masculins.
L'idée est audacieuse.
Certains peuvent trouver ses vêtements trop simples.
Pas assez sophistiqués.
Pas assez conformes aux habitudes.
Mais Gabrielle ne cherche justement pas à satisfaire les habitudes.
Elle cherche à les changer.
Imaginez une femme entrant dans sa boutique à cette époque.
Elle observe une pièce en jersey.
Elle hésite.
Puis elle la touche.
Le tissu est souple.
Il accompagne les mouvements.
Il ne semble pas emprisonner le corps.
Ce vêtement n'a peut-être rien de spectaculaire.
Et pourtant, il contient déjà une révolution.
Pour Chanel, le luxe ne doit pas forcément être synonyme d’inconfort.
La simplicité peut être élégante.
La liberté peut être chic.
Et une femme peut être belle sans être enfermée dans un vêtement qui l’empêche de respirer.
