Puis jâai disparu
Pendant plusieurs semaines, notre routine nâa pas changĂ©.
Je venais.
Ils me donnaient Ă manger.
Je restais dans le jardin.
Puis un matinâŠ
Je ne suis pas venu.
Le lendemain non plus.
Puis le troisiĂšme jour.
Toujours rien.
Je vivais dehors.
Je connaissais les dangers de la rue.
Mais je ne savais pas qu'au bord du jardin, quelqu'un m'attendait.
Elle appelait mon nom.
Encore.
Et encore.
Elle regardait la route.
Elle cherchait dans les buissons.
Elle se demandait oĂč j'Ă©tais passĂ©.
Pendant trois longues journées, je n'ai pas donné signe de vie.
Puis, un soir, je suis revenu.
J'ai avancé lentement jusqu'au jardin.
Et j'ai laissé échapper un petit miaulement.
Elle m'a entendu.
Sa voix a changé immédiatement.
Le soulagement était tellement évident que je l'ai compris sans avoir besoin de mots.
J'avais manqué à quelqu'un.
Pour la premiÚre fois de ma vie, quelqu'un s'était inquiété de mon absence.
Quelqu'un m'avait attendu.
Quelqu'un avait eu peur de ne plus jamais me revoir.
Et quelque chose dans mon cĆur s'est encore un peu adouci.
