Ce que cette histoire révèle sur l’emprise
Il serait facile de regarder Sarah et de demander :
« Pourquoi est-elle restée si longtemps ? »
Mais cette question passe à côté de l’essentiel.
Pourquoi est-il si difficile de partir d’une relation qui fait souffrir ?
Parce qu’une relation toxique n’est pas forcément mauvaise chaque minute.
Il peut y avoir des moments de tendresse.
Des excuses.
Des promesses.
Des déclarations d’amour.
Des périodes où tout semble redevenir normal.
Puis la situation recommence.
Cette alternance peut rendre la décision de partir extrêmement difficile.
La violence entre partenaires ne se limite d’ailleurs pas aux coups. L’OMS inclut également les violences psychologiques, les comportements de contrôle, la coercition sexuelle et d’autres comportements qui causent un préjudice au sein d’une relation intime. (Organisation mondiale de la santé)
Dans le récit de Sarah, plusieurs éléments se superposent : humiliations, infidélités alléguées, pression sexuelle, culpabilisation et instabilité émotionnelle.
Il ne faut pas attendre qu’une situation devienne physiquement violente pour considérer qu’elle est grave.
Et surtout, une personne extérieure ne devrait jamais humilier une victime en lui demandant simplement :
« Pourquoi tu ne pars pas ? »
La question la plus utile est souvent :
« De quoi as-tu besoin pour être en sécurité et pouvoir partir ? »
Sa fille n’était pas responsable de sauver sa mère
Un autre élément de cette histoire mérite d’être souligné.
La fille de Sarah avait treize ans.
Et selon son récit, elle avait tenté de protéger sa mère.
Mais une enfant ne devrait jamais avoir à devenir le bouclier de son parent.
Ce n’était pas à elle de surveiller un adulte.
Ce n’était pas à elle de rester à la maison pour empêcher une situation dangereuse.
Ce n’était pas à elle de porter le poids émotionnel d’une relation d’adultes.
Son comportement montre cependant à quel point les enfants perçoivent souvent les tensions familiales, même lorsque les adultes essaient de les cacher.
Pour cette raison, lorsqu’une situation de violence ou de coercition existe dans un foyer, la sécurité et le bien-être des enfants doivent être pris en compte dans toute démarche de protection et d’accompagnement.
L’OMS rappelle d’ailleurs que les violences entre partenaires peuvent également affecter la santé et le bien-être des enfants.
Dans le cas de Sarah, le moment où elle a compris que sa fille avait peur semble avoir été le déclic qu’elle n’avait pas trouvé pour elle-même.
Elle avait enfin une raison de ne plus négocier avec l’inacceptable.
