Le premier défi : gagner sa confiance
Le vétérinaire a confirmé que son état était préoccupant.
Il semblait avoir subi une longue période de privation et était extrêmement affaibli.
Mais il y avait un autre problème.
Il avait peur des humains.
Chaque mouvement brusque le faisait se recroqueviller.
Une main qui s’approchait trop rapidement suffisait à le faire reculer.
J’ai alors compris que les soins ne seraient pas uniquement physiques.
Il fallait également lui apprendre quelque chose de beaucoup plus difficile :
une main humaine pouvait être douce.
Je ne cherchais pas à le forcer à me faire confiance.
Je me contentais d’être là.
Jour après jour.
À la même heure.
Avec la même voix calme.
« Tu es en sécurité »
Chaque matin, j’entrais dans la pièce où il se trouvait.
Je m’asseyais près de sa cage sans chercher immédiatement à le toucher.
Je lui parlais.
Je racontais des choses complètement banales.
La météo.
Les autres animaux de la clinique.
Les plantes de mon appartement.
Tout ce qui pouvait rendre ma présence prévisible.
Au début, il se recroquevillait dans un coin.
Puis quelque chose a changé.
Un matin, il a levé la tête lorsque j’ai commencé à parler.
Le lendemain, il m’a suivie du regard.
Quelques jours plus tard, alors que j’étais assise par terre, il s’est approché.
Il ne m’a pas touchée.
Mais il s’est couché à côté de moi.
Pour quelqu’un d’autre, cela aurait peut-être semblé insignifiant.
Pour moi, c’était une immense victoire.







